Éditorial : La démocratie ne s’achète pas !

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D’Athènes à Paris, en passant par nos entreprises, la démocratie est bafouée
Avant de sortir nos parasols pour les plus chanceux, ce mois de juillet 2015 marquera notre histoire. Non pas parce qu’il est caniculaire, mais bien par les événements qui viennent de se passer à l’échelle européenne.   Pour ceux qui en doutaient encore, l’Europe a montré son vrai visage dans le bras de fer qui l’opposait à la Grèce : celle de la dictature de l’argent qui prend aujourd’hui définitivement le pas sur les États. Déjà, les peuples étaient censurés, comme nous avons pu en faire l’amère expérience en 2005 lors du référendum sur le projet de traité constitutionnel. Aujourd’hui, le peuple grec et son gouvernement. Demain, à qui le tour ?

D’autant plus inquiétant que le projet de traité transatlantique (TAFTA) qui est actuellement en discussion finira le travail s’il est adopté par une majorité de députés européens.

En effet, ce traité prépare un nouvel ordre au dessus des États, niant aux peuples, le droit d’intervenir. Mais aussi aux collectivités locales, nationales et européennes la possibilité d’agir pour ne pas fausser la libre concurrence au sein du marché.
D’ailleurs, en France, les lois votées ces dernières années, telle la loi Macron, ouvrent la porte à cette loi de la jungle.

Encore une fois, à l’échelle de l’hexagone, la démocratie est bafouée. Non seulement le projet de la loi Macron n’a pas fait l’unanimité des syndicats, dans ce qu’ils appellent
le «dialogue social», mais le débat parlementaire est muselé avec l’arme du 49.3.
Non seulement cela ne leur suffit pas de piétiner le peuple, encore leur faut-il passer outre le travail législatif.

Encore un levier qu’ils voudront peut-être faire sauter dans le cadre de la «modernisation» du pays ? La réforme territoriale, mise en place en 2016, sera un pas supplémentaire vers cet état de non droit. Cette décision va éloigner un peu plus les citoyens des lieux de pouvoir afin de laisser la main aux sociétés privées pour accumuler encore plus d’argent.
Faire toujours plus d’argent, nous connaissons la chanson dans les entreprises. C’est le leitmotiv des directions pour «rester compétitif sur le marché»

L’objectif de nos entreprises n’est plus de produire des biens pour répondre aux besoins des populations, mais bien de faire toujours plus d’argent comme seul et unique objectif. A tel point que les salariés et leur bien être au travail deviennent une contrainte.
Des gardes fous, bien que mal menés, sont là, ce sont nos conquêtes sociales, pour essayer de limiter cette soif effrénée. Mais force est de constater que, de plus en plus, les
patrons n’ont plus de limites.

Ainsi, par exemple, la direction de PSA des usines de Borny et Tremery en Moselle, vient de licencier un médecin du travail après 6 mois en poste malgré l’avis négatif du CE. Ce n’est pas le premier, ni le seul exemple hélas. Le moindre grain de sable qui vient enrouer le mécanisme du marché est balayé. D’ailleurs, comment expliquer autrement la multiplication des atteintes à l’exercice du droit syndical dans nos entreprises ?

La démocratie, la voix du peuple, à tous les niveaux, n’est définitivement pas soluble dans le système capitaliste. Mais ce n’est pas pour autant qu’il nous faut baisser les bras. D’ailleurs, en Grèce, le peuple ne baisse pas les bras. Le syndicat des fonctionnaires appelait à un mouvement de grève, le 15 juillet, pour contester les nouvelles mesures de rigueur prévues par l’accord signé avec les créanciers du pays.

En France, nous avons aussi des points d’appui. Dans notre Fédération de la Métallurgie , nous comptabilisons de nombreuses luttes depuis le début de l’année ainsi qu’un mouvement
d’adhésion important.

Ce sont des signes encourageants pour les deux prochains rendez-vous de la rentrée : la journée de mobilisation du 23 septembre pour les libertés syndicales et le 8 octobre prochain pour l’emploi, les salaires et les conditions de travail.