(MEDEF) Pierre Gattaz se sucre sur l’argent public …

Gattaz2

En quelques années, Radiall, l’entreprise dirigée par le patron des patrons, a réduit à néant, ou presque, sa contribution fiscale en France, tout en bénéficiant des crédits et en multipliant les dividendes.

François Hollande tend la main et le patronat arrache le bras. Les épisodes se suivent et se ressemblent. 

D’après Gattaz patron du Medef, l’entreprise va très mal en France depuis des mois, des années. « Il faut baisser la charge fiscale et instaurer un climat de confiance. »

Il sait de quoi il parle, car à travers le mécanisme d’optimisation fiscale dit des prix de transfert, l’entreprise Radiall dirigée par Pierre Gattaz affecte une bonne partie des marges réalisées sur les ventes des connecteurs qu’elle produit dans ses usines françaises pour l’aéronautique ou les télécoms à des filiales à l’étranger.

Ce qui, en une poignée d’années, a permis au groupe de réduire de 25 % à 3 % la part de ses impôts payés en France. Dans la comptabilité du groupe, qui a réalisé un bénéfice de près de 25 millions d’euros l’année dernière, la «charge fiscale » en France culmine à 202 000 euros. Et cela, au moment où Radiall bénéficie des largesses fiscales du gouvernement : l’entreprise a touché 876 000 euros de crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE), un cadeau accordé aux entreprises sans aucun contrôle, ni aucune contrepartie.

gattaz3

Et, dans le même temps, la famille Gattaz qui contrôle le groupe fait valser les dividendes versés aux actionnaires dont il figure dans les premiers. Ces dividendes ont presque doublé entre 2010 et 2014 pour s’établir à 2,8 millions d’euros.
 
Pierre Gattaz avait soulevé l’indignation en affirmant que les fonds publics issus du pacte de responsabilité pourraient tout à fait finir dans les poches des actionnaires… il ne se contente plus de le dire, il le fait !

Comment une entreprise emblématique qui emploie les deux tiers de ses effectifs permanents en France et qui y réalise l’essentiel de son chiffre d’affaires peut en quelques années choisir de transférer la majeure partie de la plus-value, et donc de ses profits, à ses filiales dans le monde entier, réduisant ainsi à la portion congrue son taux d’imposition avant de les renvoyer sous forme de dividendes à la maison mère française.

Radiall est une entreprise de taille intermédiaire, entre PME et CAC 40, spécialisée dans la connectique pour l’aéronautique et les télécoms.
 
En 2013, le groupe dirigé par Pierre Gattaz emploie 1 153 salariés permanents et 209 intérimaires dans l’Hexagone, contre 625 permanents et 762 précaires dans le reste du monde. Au-delà de l’ouverture d’usines au Mexique ou en Chine, avec « transferts de production », justifiée dans l’un des derniers rapports annuels par « de fortes pressions sur les prix », le groupe dispose surtout de «bureaux de vente » à l’étranger.
 
 En quelques années, la part des impôts sur les bénéfices payée par l’entreprise Gattaz en France passe de 25 % à 3%

Après quelques années difficiles lors de l’éclatement de la crise financière mondiale, Radiall voit son chiffre d’affaires global augmenter de 27 % entre 2010 et 2013, et ses profits explosent pour s’établir l’année dernière juste en dessous de 25 millions d’euros (+ 167 % par rapport à 2010). Pendant ces quatre années, la part du chiffre d’affaires réalisée par les unités françaises de Radiall reste à peu près stable, aux alentours de 70 % du chiffre d’affaires global mais, en revanche, celle des profits imputés à la France dans les profits totaux diminue fortement: selon les présentations comptables de Radiall, la part du résultat opérationnel France passe de 46 % du total en 2010 à 15 % en 2013.

billets

Comment est-ce possible?

C’est à ce stade qu’interviennent les prix de transfert. Mécanisme d’« optimisation fiscale » extrêmement prisé par les multinationales, ils permettent à un groupe de fixer le prix des biens ou des services qu’il vend en son sein entre ses différentes filiales implantées dans le monde entier. Tout l’intérêt réside dans la liberté pour l’entreprise, de casser les prix en interne et d’affecter l’essentiel de ses marges dans un pays où la fiscalité sera la plus avantageuse.

« Je me sens d’une sérénité, vous n’imaginez même pas à quel point. » PIERRE GATTAZ, DÉBUT MAI, RÉPONDANT AU SUJET DE SON SALAIRE D’UN MONTANT DE 458 570 EURO.

Avec un tel schéma financier, les conséquences pour le fisc français, et donc la collectivité nationale, de cette stratégie d’« optimisation » mise en oeuvre par Radiall ces dernières années, apparaissent très lourdement.

Le groupe ne s’est acquitté que de 202 000€ en France, sur 6 millions d’euros d’impôts sur les bénéfices payés au total de par le monde.

Une somme assez dérisoire en soi, mais plus encore quand elle est comparée aux dispositifs de crédits d’impôt de 876 000 € dont bénéficie pleinement le groupe Radiall en France.
 
De quoi festoyer pour les actionnaires qui, eux, ne sont pas disséminés sur toute la planète, mais concentrés presque exclusivement autour de la seule famille Gattaz !

Les dividendes versés aux actionnaires ont presque doublé pour s’établir à 2,8 millions d’euros et, en tant que telle, la simple augmentation du montant des dividendes payés en 2013 et 2014 (+ 646 843 €) absorbe les trois quarts du CICE versé !

De quoi mettre beaucoup de beurre dans les épinards du patron du Medef.

Après la polémique sur son augmentation salariale, Pierre Gattaz se gargarisait, avec ses 458 570 € de salaires chez Radiall.

A cela, s’ajoute le million de titres qu’il détient indirectement, via ses parts dans les holdings familiales, Pierre Gattaz, 341ème fortune de France, a pu encaisser, au bas mot, 1,5 million d’euros de dividendes… Une paille !

« Je me sens d’une sérénité, vous n’imaginez même pas à quel point », répondait, début mai, le patron des patrons au sujet de son salaire.

« Je me bats pour maintenir des emplois en France », fanfaronnai

En matière de supercherie fiscale et sociale, le patronat en connaît un rayon

humour_gattaz

Source