Éditorial : La peur doit changer de camp

chemise

La situation économique et sociale que nous traversons actuellement mérite une attention toute particulière.
La médiatisation et la criminalisation autour de ce que nous pourrions appeler l’affaire de la chemise arrachée n’est pas seulement un coup médiatique.


Nous sommes face à une stratégie politique de fond qui consiste à étouffer la dynamique du mouvement social. Certains, au plus haut niveau de l’Etat, nient les réalités sociales, préférant donner raison à l’acharnement patronal.

Pour eux, la colère de milliers de salariés aux vies brisées devrait être perçue comme des manifestations mêlant inconscience et immoralité. Par contre, le choix de détruire des emplois devrait être lui légitimé comme un  acte de vertu économique et politique.

Dans un tel contexte, il est d’utilité publique et de notre responsabilité en tant que syndicalistes de nous dresser contre cette situation en dénonçant toutes les violences subies par celles et ceux qui produisent les richesses du pays.

Nous devons dénoncer, sans ménagement, la violence du capital. Nous pouvons la définir comme la «violence des riches». Elle commence par celle des milliardaires qui détournent les fruits du travail. Ces nantis ne sont pourtant jamais considérés comme des voyous.

Plutôt que de tirer les leçons de son échec politique, le Président de la République, lors de la conférence dite sociale, a préféré stigmatiser le refus de participation de la CGT. Cette conférence a visiblement un objectif calé sur une opération de communication globale et en ce sens, c’est un simulacre plutôt qu’une recherche d’avancée sociale.

Pour la CGT, l’alternative se construit pour le progrès et l’égalité sociale, avec une réforme plus équitable centrée sur une plus juste répartition des richesses créées par le travail.

Partout le mécontentement et la colère sociale montent. Suite aux épisodes révélateurs d’Air France et de STX à Saint Nazaire, les citoyens prennent conscience d’un divorce consommé entre le pouvoir exécutif (gouvernement et patronat) et une large majorité de la population. Nous constatons le développement de fortes mobilisations autour des questions d’emploi, de salaire, de conditions de travail et de protection sociale.

Il nous faut créer les conditions pour que ce bouillonnement revendicatif trouve des synergies et se transforme en un mouvement social à la hauteur des enjeux qui nous sont aujourd’hui posés.

La bataille que nous avons engagée autour de notre projet de convention collective nationale pour l’ensemble des métallurgistes s’inscrit dans cette dynamique de construction d’un tous ensemble.

Nous devons continuer d’inscrire l’action dans notre projet syndical. Les revendications et la mobilisation prennent place dans une perspective, à la fois de proximité professionnelle et aussi à l’échelle nationale dans nos territoires. Ceci est indispensable pour faire grandir le rapport de forces qui est le socle le plus favorable aux salariés, aux retraités et aux privés d’emplois.

La peur doit et va changer de camp. C’est vers cet objectif que se concentrent nos efforts.

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