Comité de groupe BOSCH France du 17 Novembre 2015

comitedegroupeOu comment la direction a achevé les valeurs Bosch !

Plutôt que le traditionnel compte-rendu avec les chiffres et les tableaux qui vont avec, nous allons-nous focaliser sur deux éléments précis :


A- Bosch Rexroth Allemagne s’est essuyé les pieds sur les valeurs Bosch mais aussi sur la direction de l’usine de Vx.
B- Bosch Allemagne, en clair les G*** ont décidé de centraliser tous les services partagés qui pourront l’être sans plus se préoccuper des femmes et des hommes qui travaillaient sur les différents sites jusqu’à présent.

Pour le reste, l’activité au global est correcte en France mais avec de fortes disparités :

Mondeville va signer un accord de compétitivité cher aux allemands qui entérine une nouvelle baisse d’effectifs de 620 à 500 personnes à horizon 2020.

Vénissieux connait lui une situation tout à fait catastrophique, tant chez SILLIA (photovoltaïque) que chez Vx1 (division DS) et maintenant chez Vx2 (division DC – Rexroth).
C’est à tous ces signaux que l’on reconnait une nouvelle génération de dirigeants qui occupent désormais les plus hautes fonctions au sein du « board ».

Ils n’ont plus de limites et plus personnes pour émettre la moindre critique sur les orientations choisies.
La catastrophe de VW illustre cette dérive ou plus personne n’ose émettre une opinion contraire. C’est donc dans ce contexte que nous devrons évoluer à l’avenir.

Revenons au cas Rexroth.
Les dirigeants allemands ont décidé « à l’insu » des responsables de l’usine de Vénissieux de transférer une partie des fabrications réalisées sur ce site vers la Turquie et vers la Chine. Et tout cela sous couvert de »sécuriser » la livraison aux clients. En effet, ils trouvent nos mœurs « incontrôlables » et préfèrent en catimini organiser un plan B.

Il est bon de rappeler qu’ils étaient plus de 3000 à manifester dernièrement à Elchingen contre la suppression de 1150  emplois (20 % de leurs effectifs) mais tant que c’est en
Allemagne, ce n’est pas un problème.

Cela signifie aussi qu’ils savent que la situation à Vénissieux est grave pour redouter ainsi des mouvements sur place. Dans les faits, l’Allemagne a passé des commandes aux fournisseurs qui livrent habituellement Vénissieux sans rien dire à personne.
Ces mêmes fournisseurs ont alors alerté les salariés de Vénissieux pour en savoir plus !

Et voilà comment nos pieds nickelés se sont fait attrapés les doigts dans le pot de confiture !

Le codir local, totalement scandalisé a alors immédiatement organisé une pétition auprès de l’ensemble des salariés pour signifier leur indignation. Ce type d’initiative est une première en France chez Bosch.

Suite à cela une réunion a été planifiée sur Vénissieux afin de clarifier un peu la situation. Quelle que soit l’issue de cette rencontre, la confiance est rompue.

Cette réunion s’est tenue le 18 novembre : Quatre membres du « board » allemands sont venus rencontrer l’intersyndicale de Vx2. Après cinq heures de réunion, tout n’est pas réglé, loin s’en faut, mais les perspectives de délocalisation à court terme se sont éloignées.

Nous sommes restés fermes sur nos positions qui demandaient, en préalable, l’arrêt de ces commandes « sauvages ». Nos fournisseurs ont vu les  commandes stoppées, priorité leur est donné de fournir la production de Vénissieux. Il n’y aura pas des productions parallèles ni d’homologations de produits finis.

Grâce à notre union syndicale et à la mobilisation de l’ensemble des salariés, il a été possible de montrer notre détermination et de conserver la maitrise sur nos achats et notre production. Prochaine échéance pour Vx2 au printemps avec les annonces de restructuration sur les sites DC-MA hors Allemagne.

Et maintenant la centralisation des services ou comment délocaliser des services « supports ». Dans ce domaine aussi les allemands ont choisi le passage en force. Nous avons désormais affaire à de purs comptables et à 500 € le salaire de base au Portugal (RH) et moins encore en Roumanie (Informatique et Comptabilité) ou en Inde (Achats), les choix sont vite faits, nos dirigeants ne s’embarrassent plus de sentiments, ils ont une calculatrice à la place du cœur et de la raison.

De plus, l’outil informatique et tous les moyens de communications permettent plus facilement ce type de transfert. Nous connaissons déjà le 33 11 pour nos problèmes
quotidiens informatiques et nous entretenons donc des relations privilégiées avec nos collègues roumaines qui font ce qu’elles peuvent pour nous dépatouiller à distance.

Le souci de préserver de l’emploi sur les différents sites, dans les différents pays passent désormais au second plan.
Pour la partie Comptabilité concerné, il ne restera plus que 40 % des effectifs au terme du processus en France et dans les pays d’Europe de l’Ouest hors Allemagne.

Pour la partie RH, de manière identique il y aura aussi des pertes d’emploi, de compétences sur site et donc de réactivité.
On nous rétorquera qu’il s’agissait d’emplois à faible « valeur ajouté ».

A la CGT, nous considérons que tous les emplois doivent être défendus et que cela est fort méprisant pour toutes les personnes concernées.

Sur ce choix d’orientation (la centralisation), hormis les organisations syndicales, il y a peu de voix qui osent se faire entendre et émettre un avis négatif. Pour notre part, nous continuerons à porter le débat sur ces questions-là.

Conclusion :
La direction parisienne est juste là pour appliquer les directives à la virgule près. Ne reste plus pour elle, qu’à mettre en place une action visant à redorer l’image de Bosch au travers d’une opération visant à collecter de l’argent pour les enfants malades.
Si la proposition est louable, elle reflète aussi l’impasse dans laquelle nos dirigeants se trouvent.

La CGT, qui a fêté ces 120 ans en 2015, entend continuer à porter des revendications pour les années futures.
L’entreprise BOSCH se porte toujours bien.

Le marché français constitue toujours une part importante pour le groupe, la qualité, la compétence des salariés constituent un atout que nous continuerons de porter. Il y a encore des inégalités entre les salariés des différentes entités Bosch France et nous avons encore du travail pour amener certains salariés dans des conditions de travail décentes.

C’est aussi cela la France !