Pour l’industrie de demain, créons des emplois !

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Une négociation sur l’emploi s’est ouverte en novembre dernier entre les organisations syndicales et l’UIMM dans la branche métallurgie.
La CGT participe bien sûr à cette négociation. Elle y est porteuse des réalités vécues toutes les filières de notre branche.

c’est-à-dire :
– le non remplacement, depuis des années, des départs en retraite,
– les plans successifs de «départs volontaires», de PSE avec comme raison d’être la suppression massive d’emplois,
– la quasi disparition d’embauches en CDI remplacées à plus de 80% par des contrats précaires, tels les CDD ou l’intérim.
Détérioration de l’emploi et de la production au profit du capital

Dans beaucoup d’entreprises, la ligne rouge a été franchie. Les directions continuent de considérer la masse salariale comme l’ennemi des marges et de la distribution de dividendes aux actionnaires.

Les salariés, toutes catégories professionnelles confondues, de l’ouvrier à l’ingénieur,dénoncent des pertes de compétences alarmantes, sans transmission des savoirs entre les salariés sur le départ et les nouveaux embauchés (lorsqu’il y en a) … Ainsi, les collectifs de travail s’en trouvent sérieusement impactés.

Cette situation entraîne la dégradation des conditions de travail et fragilise notre capacité à fabriquer des produits de qualité, livrés en temps voulu. C’est le sens même de la conception du travail qui est remise en cause et qui crée un mal-être destructeur.

Pour le patronat, c’est toujours plus de flexibilité
avec moins de salariés

Sourd à ce cri d’alarme, le patronat de la métallurgie (UIMM) propose un accord de compétitivité de branche à l’opposé des enjeux d’embauches et de formation. Ce projet d’accord renforcerait les exigences mercantiles patronales pour encore plus de flexibilité, avec toujours moins de salariés.

Jugeons-en avec ces quelques points contenus dans le projet remis par le patronat :

. Généralisation des négociations locales permettant de déroger au code du travail et au contrat de travail, en augmentant le temps de travail et/ou en réduisant la rémunération.
. Flexibilité accrue par la généralisation de la modulation du temps de travail, non plus annuelle, mais pluriannuelle !
. Mobilité professionnelle et géographique accrue.
. Prêt de main d’oeuvre encouragé.
. Adaptation du montant des rémunérations minimales conventionnelles garanties et tout autre élément conventionnel de branche, prime d’ancienneté par exemple.

Comble de l’ironie : l’UIMM pointe la nécessité d’augmenter l’attractivité de nos métiers, particulièrement auprès des jeunes.

Pour l’industrie de demain Pour la CGT, ce projet d’accord est non seulement provocateur (surréaliste pourrions-nous dire), mais aussi totalement irresponsable au regard des véritables enjeux, à savoir redonner des gages de stabilité, de confiance aux salariés de la branche et permettre l’entrée massive en CDI des jeunes dans nos métiers.

Cette ouverture de négociation par l’UIMM sur les questions d’emploi est somme toute cohérente avec les différentes dispositions législatives gouvernementales issues des lois de 2015.

De plus, l’organisation patronale de la métallurgie souhaite modifier les garanties collectives (conventions collectives, accords nationaux, …) au profit d’un cadre moins protecteur pour les salariés, permettant d’individualiser les droits par des négociations d’entreprises dérogatoires. Une négociation à cet effet s’ouvrira début 2016.

L’industrie du futur se fera avec plus d’emplois.
A ce projet d’accord patronal qui va aggraver encore la situation de l’emploi dans notre branche, nous opposons un projet pour maintenir l’emploi actuel de la branche de 1,3 million de salariés pour les années à venir, ainsi que la mise en place d’un fonds de solidarité professionnelle pour l’emploi géré paritairement.

Nos propositions visent également à traiter des perspectives pour les industries de la métallurgie. Ainsi, face à la nouvelle révolution industrielle qui semble se profiler au travers de la numérisation avec de profonds changements dans le contenu et l’organisation du travail, nous considérons que les potentiels en gains de productivité doivent permettre de «Travailler toutes et tous, travailler mieux et travailler moins !».

A l’usine du futur, nous répondons 32h, droit à la déconnexion, meilleur équilibre entre vie privée/vie professionnelle, meilleurs salaires et enfin amélioration des conditions de travail.

L’industrie est structurante pour le pays, il faut arrêter de la détruire et d’opposer l’industrie traditionnelle et l’industrie du futur.

Pour imposer d’autres choix au patronat, nous devons renforcer nos liens dans chaque entreprise. Nous devons construire des réponses en partant du vécu des salariés et des besoins de la population. Nous devons agir pour faire avancer et aboutir nos propositions. De l’argent, il y en a. En 1981, les dividendes représentaient 10 jours de travail, en 2012, c’est 45 jours, auxquels s’ajoutent 200 à 220 milliards d’aides publiques sans aucune contrepartie demandée.

Les premiers mois de l’année 2016 seront déterminants concernant ces négociations (et on peut y ajouter les négociations salariales au titre de 2016 qui partout vont s’engager).

Devant ces enjeux, la Fédération des Travailleurs de la Métallurgie appelle les salariés à s’inscrire dans les initiatives qui seront développées ces prochaines semaines, non seulement dans les entreprises, mais aussi dans les mobilisations organisées dans leur territoire, qu’elles soient pour l’emploi, les salaires ou les garanties collectives.