Négociation des salaires minis des ingénieurs et cadres dans la branche Métallurgie

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La deuxième réunion de négociation des minima de salaire des Ingénieurs et Cadres de la Métallurgie a eu lieu le 11 janvier 2016. Les organisations syndicales se sont quittées sur une impasse : le patronat ne voulant pas monter à plus de 0,6%, la CGT n’envisage pas une augmentation inférieure à la revalorisation du plafond de la sécurité sociale (1,5% au 1er janvier), les autres syndicats n’acceptent pas moins de 0,8%. Cette deuxième réunion de négociation n’a donc accouché de rien : statu quo du patronat 0,6%.

Peut-on appeler cela une négociation ou n’est-ce pas plutôt un oukase ? Une augmentation des minima de 2 % reviendrait à 700 € par an pour le salaire d’un ingénieur position II indice 100 au forfait jours (salaire annuel 35 602 €).

De plus, il n’y a selon le patronat que 3000 ingénieurs et cadres payés moins que 2% au dessus des minis, ce qui pour la profession n’est qu’une goutte d’eau. Il y a là quelque chose d’indécent. A rabioter de la sorte sur le salaire des cadres, il ne faut pas s’étonner de la baisse d’attractivité des entreprises de notre branche.

Beaucoup de jeunes diplômés préfèrent aller vers la banque et la bourse, plutôt que vers les secteurs de la métallurgie : l’automobile, l’aéronautique ou les hautes technologies…

Ces secteurs sont pourtant utiles pour répondre aux besoins de la population tout en préservant nos outils industriels. En revanche, la spéculation financière est non-seulement inutile mais même néfaste à la société. En attendant, l’augmentation proposée par le patronat est une fois de plus inférieure à celle du plafond de la sécurité sociale (PMSS).

Ainsi, la part des salaires des cadres et assimilés supérieure au PMSS va encore baisser. Déjà 25% des salaires de ces catégories sont inférieurs au PMSS. Des minima augmentant moins vite que la PMSS, ce sont moins de cotisations qui entrent dans les caisses AGIRC et qui creusent son déficit. Rappelons que la pension complémentaire d’un cadre partant à la retraite aujourd’hui représente en moyenne 60% de sa pension totale, la partie AGIRC représentant 40% du total (et 20% pour la pension ARRCO).

Une dernière réunion est prévue le 28 janvier devant servir de signature pour le patronat. Pour la CGT, il est hors de question de signer un accord qui ne revaloriserait les minis hiérarchiques que de 0,6%.

La CGT continuera à proposer une augmentation générale plus conséquente et demandera à l’UIMM de poursuivre la négociation avec les organisations syndicales, d’autant plus qu’aucune d’entre elles n’est favorable à la proposition de l’UIMM. L’intervention des salariés d’ici là est nécessaire pour débloquer cette situation.

Déclaration de la CGT métallurgie du 19 janvier 2016