Fin d’un conflit Historique chez Bosch Rexroth

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Le 2 Février dernier, la direction allemande de Bosch Rexroth est venue sur le site de Vénissieux avec un plan d’économie de 19M€. Son projet pour y parvenir, c’est de délocaliser toute la partie d’activité distributeurs vers la Turquie avec pour conséquence, la suppression de 185 emplois soit la moitié des effectifs.

Elle offrait aux partenaires sociaux dans un calendrier de 3 mois, la possibilité de faire des propositions alternatives.

L’intersyndicale a planché avec l’expert nommé par le CE sur un scénario permettant de maintenir les emplois en réalisant une économie de 12M€ avec une profitabilité de 8% en 2018.

Le 21 Avril, lors d’une réunion intermédiaire, la direction allemande a balayé d’un revers de main toutes nos propositions.

Le plan présenté par la direction et des salariés notamment des cadres avec ses 17M€ n’a pas eu plus de succès.

Lors de cette réunion la CGT comprend qu’une solution négociée n’intéresse pas le groupe Bosch. Toutes ces discussions ces trois derniers mois n’étaient que des manœuvres pour gagner du temps afin d’être prêts à livrer à partir d’autres sites. Le groupe Bosch a décidé de démanteler le site de Vénissieux dans sa globalité mais par petits morceaux, délocalisation des distributeurs, vente de l’activité joysticks, arrêt de la fabrication des éléments de pompes diésel, la boucle est bouclée.

Le 25 Avril, l’intersyndicale se réunit à l’initiative de la CGT. Nous expliquons à la CGC et FO que nous avons été aux limites de ce qui peut se faire dans le cadre d’un dialogue constructif.

La CGT a envoyé un courrier à la direction de Rexroth, multiplié les conférences de presse, rencontré le préfet lors d’une table ronde, entrevue avec un représentant du Ministère du travail, rien n’y fait. Pour nous, c’est le bon moment pour passer à l’action. Après, il sera trop tard.

La CGT essaye de convaincre les autres organisations (CGC et FO) que la seule alternative pour sauver nos emplois, c’est la grève illimitée avec blocage du portail. FO est d’accord avec la CGT.

Les élus de la CGC pensent qu’un mouvement de grève pourrait nous desservir. Bloquer le portail c’est illégal. De plus, nous n’avons pas consulté les salariés. Le mouvement risque de ne pas être suivi.

Ils sont conscients que le site est en grand danger mais préfère envoyer un courrier au Président de Bosch M.Volkmar Denner pour faire infléchir la décision du groupe.

La CGT exprime son désaccord. Nous décidons d’aller à la grève avec le syndicat FO.

Le lendemain, l’intersyndicale CGT-FO bloque les trois entrées du site à l’aide de chaines. Nous organisons un piquet de grève avec distribution de tracts. Aucune entrée, ni sortie. Le mouvement est très populaire à notre grande surprise. Un dialogue s’engage avec les salariés, des ouvriers, des techniciens, des cadres, des chefs de service. Tout le monde est conscient que finalement c’était la seule alternative possible.

La CGC rejoint très vite l’intersyndicale FO-CGT.

Après 2 jours de blocage total et un vote des salariés, l’intersyndicale décide un mouvement de 2h de grève par roulement pour limiter l’impact financier pour les salariés.

Plus de 300 grévistes au piquet de grève, soit plus de 80% des effectifs.

La direction fait appel à un huissier pour constater le blocage des camions, mais les salariés et l’intersyndicale ne cède pas.

Après 14 jours de grève, M. Carrié (Président de Bosch France), demande à rencontrer l’intersyndicale  pour ne faire des propositions.

Après 48h de négociations marathon et 16 jours de grève des salariés l’intersyndicale FO-CGC-CGT obtient:

  • aucun licenciement contraint
  • Garantie de 270 salariés minimum jusqu’à l’horizon 2020(les réductions d’emplois se feront via un plan de départ volontaire et un plan de pré-retraite
  • Regroupement des volumes mondiaux joysticks sur le site de Vénissieux et non vente de cette activité d’ici 2020
  • Investissement de 700 000€/an supplémentaire sur l’activité joysticks en recherche et développement
  • Pas de remise en cause des acquis sociaux

Cette semaine ce sera autour de  l’usine Bosch DS de Vénissieux d’être sur la sellette  en effet fin mars 2017 et le départ de la fabrication des éléments, cette usine se retrouvera sans aucune activité.

A ce jour le groupe Bosch ne propose aucune nouvelle fabrication sur ce site outre la survie de celui-ci  se sont près de 170 emplois qui sont menacés.

Après les fermetures de Beauvais, Pont de l’Arche, la vente de l’usine d’Angers et sa volonté de ne plus investir sur le site de Vénissieux Le Groupe Bosch confirme sa politique de désindustrialisation de la France au profit des pays bas-couts.

Comme nos camarades de Rexroth viennent de nous le prouver, seules les mobilisations et la solidarité de l’ensemble des salariés du groupe pourront faire reculer et contrecarrer les plans de  la Direction. 

La CGT Bosch Rodez est et restera solidaire de nos camarades du site Rhodaniens

Rodez le  18 Mai 2016