Négociations Moulins : Pourquoi la CGT dit non !

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Des négociations se sont tenues sur Moulins depuis plusieurs semaines afin « d’améliorer » la productivité du site. Pour la direction cela passe par une profonde retouche de notre modèle horaire.

Alors que l’actualité nationale est tout entière focalisée sur l’article 2 et sa fameuse « inversion de la hiérarchie des normes », la direction de moulins veut faire sa négociation dans son coin. Pour la CGT, il est hors de question d’apposer sa signature sur un tel document.

Régulièrement, chez Bosch, et en particulier dans les sites de productions, la direction négocie des accords de flexibilité avec les organisations syndicales.
Cela s’est fait à Vénissieux (2004), à Rodez (2007-2012), à Mondeville (2015) et donc aussi ici à Moulins (2013 puis 2016).

A chaque fois la même stratégie et les mêmes arguments :
Améliorer la productivité

  • Etre plus attractif.
  • Etre plus compétitif au sein du groupe.
  • Faire baisser les coûts de revient.

La contrepartie : obtenir des investissements supplémentaires.
Par quels moyens ?
1. Flexibiliser le temps de travail.
Dans ce registre la direction veux aller loin et fort. Avec des compteurs à 40 h, une flexibilité accrue, Adieu les 35 heures. On ira ainsi sur des compteurs pluri-annuel avec du travail à la carte…..

La proposition de la direction est telle que même le Medef et le gouvernement n’oserait pas la présenter mais chez Bosch on peut tout se permettre. Et donc la proposition veut s’affranchir de toutes les règles et loi en la matière. Adieu les 35 heures, adieu heures sup, on oublie tout et on invente un modèle Bosch !!!

2. Contenir l’augmentation des salaires.
Alors que Moulins en la matière fait presque figure de zone à bas cout en France, la direction veut aller encore plus loin, comprimer les salaires, léser une fois encore le pouvoir d’achat au profit de la compétitivité !

Va-t- il bientôt falloir payer pour travailler à l’usine de Moulins ?
Les précédentes négociations Bosch, les négociations qui se sont déroulées sur les différents sites Bosch en France n’ont pas à l’arrivé eu un résultat positif c’est le moins que l’on puisse dire. A tout seigneur tout honneur, le premier accord dérogatoire en France, signé à Vénissieux date de 2004.

Aujourd’hui la fin de vie du site est annoncée pour mars 2017.

Sur Mondeville, l’accord va accompagner une réduction d’effectif certes sans LICENCIEMENT MAIS AVEC DES PERTES D’EMPLOI ENORMES.

Le site va ainsi passer de 1100 à 550 en quelques années !!

Sur Rodez, l’accord signé aura aussi servi à accompagner une adaptation des effectifs sur ces dernières années.

A Moulins, accord signé en 2013 avec un 0% historique pour le site, trois ans après, c’est encore la main à la poche qu’il nous faut mettre !!

En conclusion nulle part ces accords dérogatoires n’ont permis la création d’emplois sur la France., bien au contraire !

Lors des différentes réunions de cet accord, la cgt a été force de propositions :

– Une possibilité (avant même que la modération salariale ne soit avancé) sur la flexibilité du temps de travail, et en cas de nécessité, le passage à 39,5h sur 15 semaines annuelles (et non 30 comme le veut la direction).

– L’alignement de la prime de nuit, passage à 20%, en concordance avec les autres sites.

– Une division équitable de l’enveloppe NAO pour les salariés (la même somme pour tous les salariés de Moulins en 2018 !).

– Une prime exceptionnelle en cas de bon résultat du site de Moulins.
– 20 embauches CDI au-delà des départs, plutôt que 14 prévus dans cet accord.

Tous ces points ont été abordés, nous pensons même avoir été déjà beaucoup trop loin en termes de flexibilité !

Le contexte national, depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, suite au projet de loi « EL KHOMRI » du nom de la ministre qui porte ce projet, la cgt mais aussi FO sont dans la rue pour dénoncer cette loi et la formidable régression sociale qu’elle porte.

Elle vient (cette loi) bouleverser les accords de Matignon signé 80 ans plus tôt (juin 1936).

Ces accords étaient porteurs de progrès social et les acteurs d’alors pouvaient eux se revendiquer de gauche. Les temps ont bien changé. Il est bon de se rappeler l’histoire de temps en temps.

Pour l’heure il est hors de question que la cgt engage sa signature sur un pareil accord. Nous avons d’autres arguments à faire valoir pour obtenir ces investissements. La qualité de notre travail, notre implication et notre engagement sont les arguments que nous devrons mettre en avant pour les années futures.

Voilà nos atouts.