Auto : Réaction aux propos de Madame Royal, Ministre de l’environnement

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La fédération de la Métallurgie CGT souhaite réagir aux propos de Madame Royal, Ministre de l’environnement.

Nous sommes convaincus que lorsque l’on parle de pollution il faut ouvrir le débat beaucoup plus largement et que les effets d’annonce sur l’alignement, à terme, des fiscalités ne réglera pas la problématique.

Ce ne sont pas les salariés qui ont favorisé, pendant des décennies, le moteur Diesel mais bien l’industriel et le gouvernement. Chaque jour dans toutes les entreprises de l’automobile, des ingénieurs, des cadres, des techniciens et ouvriers font évoluer par leur travail des technologies qui lient mobilité et environnement. Ces innovations sont souvent retardées ou abandonnées par les directions pour des questions de rentabilité.

Le marché Diesel est donc très conséquent sur notre territoire puisqu’il représentait 72% des ventes en France en 2013. S’il est en diminution, les voitures les plus polluantes sont, elles, toujours sur nos routes. Faute de pouvoir d’achat suffisant, beaucoup de ménages français roulent avec de vieux véhicules qui ne bénéficient pas des dernières technologies et qu’ils ne peuvent entretenir.

Le gouvernement devrait se pencher sur cette problématique du vieillissement de notre parc automobile qui est, à ce jour, un des plus vieux d’Europe. La CGT ne veut pas faire l’apologie d’un moteur plus qu’un autre. Les voitures à essence
produisent bien plus de CO 2 que les moteurs diesel, même si ce dernier n’est pas parfait. Les autres motorisations peinent à prendre leur envol car souvent trop onéreuses pour l’usager.

Acquérir des véhicules hybrides ou électriques n’est pas à la portée de tous. Va-t-on devenir un pays où les classes sociales les plus aisées auront un véhicule neuf et les autres seront cantonnés au marché de l’occasion, moins sûr et plus polluant.

La FTM CGT pense que chaque motorisation peut avoir sa place, surtout si elle est adaptée à l’usage de l’utilisateur. Le Diesel, par exemple, n’est certainement pas le véhicule le plus approprié pour la ville, alors qu’il est plus adapté pour les utilisateurs qui font de plus longs trajets.

L’Etat doit faire face à ses responsabilités soit développer une nouvelle politique de transport. Les salariés ne doivent pas servir systématiquement de variable d’ajustement. En France, que ce soit chez Peugeot, Renault, chez les constructeurs ou encore chez Delphi à Blois ou chez Bosch, ce sont des milliers d’emplois qui pourraient être concernés par des décisions politiques court-termistes.

A titre d’exemple, l’usine de Bosch à Rodez est le plus gros employeur privé de l’Aveyron, soit 1 500 salariés et le triple d’emplois induits dans la Région. Le diesel est une conséquence directe de stratégies visant à accroitre la rentabilité financière des groupes et cela depuis quarante ans.

Le patronat et le gouvernement doivent prendre des engagements fermes sur la pérennité de la filière automobile.
Ses engagements passent par des alternatives crédibles, un plan industriel ambitieux ainsi qu’une politique d’investissements visant à développer l’emploi et non le détruire.

En ce sens, la FTM-CGT s’est prononcée depuis plusieurs années en faveur du processus de réduction des émissions de CO2 des véhicules mais avec une stratégie industrielle précise. Ce qui n’est actuellement pas le cas et ne semble pas être la préoccupation de notre gouvernement.