Droit d’alerte pour une industrie forte et pour l’emploi !

Ci-dessous le courrier que le syndicat CGT a adressé :

  • Au Secrétaire d’état Chargé de l’industrie
  • Au Préfet de l’Aveyron
  • Aux Sénateurs, Députés et candidats Aveyronnais aux élections Législatives de 2017
  • Aux principaux candidats à l’élection Présidentielle
  • A la Présidente de la Région Occitanie
  • Aux Maires du Grand Rodez
  • Aux Présidents de la CCI, du Conseil Départemental et de la Mécanic-Vallée, du CESER d’Occitanie

Madame, Monsieur,

Alors que débute une campagne électorale qui engage le pays pour les cinq ans à venir, il nous semble indispensable de vous alerter sur la situation de l’industrie et particulièrement de l’industrie automobile.

Notre pays peut encore s’enorgueillir de posséder sur son sol deux constructeurs automobiles de rang mondial. Autour de ces constructeurs, se sont développés de très nombreux sous-traitants de tailles diverses qui permettent dans toutes les régions de préserver des emplois très souvent avec un haut niveau de qualification.

Le département de l’Aveyron, jouit en cela d’une situation très particulière au regard de départements similaires, il possède sur son territoire l’usine Bosch d’Onet le Château et ses 1 600 salariés, elle est une unité de production du premier équipementier automobile mondial.

L’usine d’Onet est exclusivement dédiée à la motorisation diésel

Bosch est le 1er employeur privé du Département de l’Aveyron.

Le Groupe BOSCH Gmbh et ses centaines de milliers de salariés à travers le monde, est un acteur économique essentiel sur notre territoire. Premier fournisseur automobile mondial, le groupe situe une partie de ses sites là où le marché automobile est porteur de débouchés pour ses produits.

Le site de Rodez répond donc en grande partie à cette stratégie, il fournit bien sur tous les constructeurs européens mais aussi et surtout nos deux constructeurs français. Ce site ne subit pour l’instant et depuis des décennies qu’une concurrence interne au groupe et aux quatre sites qui réalisent les mêmes produits.

Son haut niveau de qualité et l’engagement de tout le personnel du site, lui permet de tenir cette concurrence, mais ceci ne saurait suffire pour faire face à une baisse de notre marché intérieur des véhicules a motorisation diésel.

Certes le débat sur les modes d’énergie que nous utilisons est indispensable pour faire face aux questions environnementales qui sont posées à toute la planète. Il est certain que des mutations dans les années à venir seront nécessaires et loin de nous l’idée de nier ces nécessités.

Toutefois et vous en conviendrez, ce débat ne peut se tenir loin des réalités économiques de notre pays et sans prendre en compte les dangers que font courir des discours purement idéologiques sur notre patrimoine industriel.

Vouloir revoir notre politique énergétique en matière de transport est en soit louable et urgent, nous en convenons, mais il faut en parallèle et avant toute décision en examiner sérieusement toutes les conséquences. Il faut surtout voir comment peuvent et doivent se mettre en place des alternatives susceptibles de maintenir un haut niveau d’emplois qualifiés, au moins en équivalence voire en développement.

Tel n’est pas le cas dans la façon dont s’engage ce débat. La « boboïsation » d‘un débat de cette importance laisse à craindre des lendemains douloureux pour cette industrie et particulièrement pour les salariés de ce secteur.

Ce courrier a pour but premier de vous alerter, si vous laissez passer cette occasion d’un vrai débat sur ces questions, vous ne pourrez pas dire dans l’exercice de vos futurs mandats que vous ne saviez pas.

Sans préjuger de leurs capacités d’intervention certes limitées, nous avons tenté de sensibiliser les élus sur les dangers que font courir des annonces ministérielles dénuées de fondement sur l’emploi sur leur territoire.

D’ores et déjà, notre syndicat a pris des initiatives dans ce sens également pour alerter notre gouvernement actuel. Force est de constater que ces initiatives ne se sont pas soldées pour l’instant par une écoute au niveau des enjeux que nous posons.

Nous nous targuons d’être dans les premiers spécialistes de ces questions, nous abordons au quotidien ces problématiques avec les salariés du site, dans les instances représentatives du personnel au niveau local avec la direction, mais aussi au plan national avec les dirigeants du groupe Bosch.

Si pour l’instant, nous nous cantonnons au dialogue indispensable, vous n’ignorez pas que notre syndicat peut aussi engager des actions fortes si nous constatons que nous ne sommes ni écouté, ni entendu. Comme nous l’avons montré dans un passé récent, nous saurons en temps utile, avec les salariés, premiers concernés, mettre en œuvre les actions nécessaires. Nous ne nous payerons pas de mots, nous exigeons des actes forts.

Pour l’heure et avant qu’il ne soit trop tard, nous pensons qu’il y a lieu qu’un débat national s’engage sur l’avenir de la filière automobile et les indispensables mutations pour préserver l’emploi. C’est donc bien une proposition de dialogue que nous posons.

Sachez Madame, Monsieur que nous sommes tout disposés à vous rencontrer sur le site de Rodez pour engager plus avant cette discussion. En pratiquant de telles rencontres sur le terrain nous pensons que vous serez plus à même de vous faire une idée juste des problèmes que nous posons.

En effet, ce courrier n’a pas pour but de vous servir un catalogue tout fait des propositions que nous portons dans nos interventions au sein de l’entreprise. Nous sommes conscients des limites de notre action au regard des responsabilités qui serons les vôtres dans l’exercice de vos mandats pour préserver ou redéfinir une politique industrielle qui réponde aux attentes des salariés.

Dans l’attente de vous rencontrer, recevez Madame, Monsieur nos sincères salutations.

Le Secrétaire du Syndicat CGT Bosch Rodez

Yannick Anglarès

@ Télécharger la lettre en pdf