«Une provocation du patronat» selon la CGT

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Un grand rassemblement national aura lieu le 9 avril prochain, à l’appel de la CGT mais aussi de FO, Sud et Sud-éducation. Cette manifestation sera déclinée dans les départements comme dans l’Aveyron, à Rodez.

A l’occasion de cette échéance, le syndicat CGT a tenu à faire le point, hier, sur la filière auto, «la première filière industrielle du département et la filière majeure de la Mécanic Vallée» qui comprend aussi la métallurgie et la mécanique, et qui va de Limoges à Rodez.

La filière auto comprend trois entreprises phares, : Filtrauto, la Bosch et la SAM. Le refus de l’austérité, les bas salaires et les conditions de vie au travail seront les principales revendications mises sur la place publique. Sous prétexte de la concurrence, les directions semblent répercuter les pressions des donneurs d’ordres sur les salariés.

Alors, «il faut démystifier ce que disent les directions afin que les salariés puissent se mobiliser et poser leurs revendications. C’est pour cela que nous travaillons sur des projets revendicatifs alternatifs tels que salaires et attractivité des métiers, sur plusieurs bassins d’emplois», explique Alain Hébert, conseiller fédéral pour la CGT métallurgie. Dans le bassin Villefranche-Figeac-Decazeville, l’objectif serait de créer 1 000 emplois. «C’est nécessaire si on veut améliorer les conditions de travail et honorer tout le carnet de commandes», poursuit le même. Ces fameux carnets de commandes….«Ils sont pleins», nous assure Valérie Fabry à la Bosch. «Le nombre de salariés chute et les commandes explosent», ironise la même. «Ce qui est ignoble», poursuit-elle, c’est qu’«ils nous font porter le poids de l’échec si nous n’acceptons pas les dégradations des conditions de travail».

Alors que la Bosch emploie 1 600 CDI, l’entreprise fait également travailler 200 intérimaires ; Valérie Fabry demande qu’au moins une centaine d’entre eux soit embauchée. La précarité, autre fléau de la Mécanic Vallée, déjà terre de sous-traitance. Du côté de la métallurgie, ce n’est pas mieux puisque «les salaires ne permettent pas de vivre aujourd’hui et ils ne rémunèrent pas les compétences», explique Alain Hébert.

Le même estime qu’il y a «une provocation du patronat lorsqu’il propose une augmentation de 3 centimes de l’heure». «Si on veut un développement, il faut un socle social de haut niveau et des garanties. C’est aussi aujourd’hui la seule condition qui pourrait attirer les jeunes vers ces métiers qu’ils délaissent par faute de formation adaptée d’une part et à cause de conditions sociales dégradées d’autre part.

On a interpellé le patronat afin de prolonger le dialogue social mais on n’a pas de réponse. On espère toujours car la démocratie sociale est un axe majeur pour le développement de l’industrie».

Lien vers l’article de la Dépêche